Les symptômes


Il y a des symptômes qui ne trompent pas, même si on ne veut pas les reconnaître comme problèmes propres à l’individu, requérant une thérapie. Souvent, c’est lorsque la souffrance qu’ils causent devient intolérable qu’on décide de franchir le pas et demander l’aide d’un psychanalyste ou d’un psychothérapeute.

Symptômes les plus courants : 

-La répétition des traumatismes passés et des comportements 
mettant en danger l’individu : 
échecs amoureux récurrents, conflits relationnels permanents, difficulté de se réaliser au travail, addictions (à l’alcool, au tabac, aux jeux) qui deviennent de plus en plus fréquentes dans notre société anxiogène.
Un enfant qui a vécu un traumatisme, comme l’abandon par sa mère ou son père, peut reproduire cette expérience et construire lui-même, tout au long de sa vie, les conditions qui l’amèneront à être abandonné par les autres. Un autre qui aura été déprécié par son environnement familial ou social aura tendance à échouer dans sa vie professionnelle ou affective.

-Les somatisations, c’est-à-dire des souffrances corporelles qui n’ont pas d’explication organique ou pas seulement. 
Dans ce cas, le corps exprime des conflits psychiques inconscients. Les kinésithérapeutes ont des trésors d’anecdotes des patients qui souffrent par de maux auxquels la kinésithérapie ne saurait apporter de guérison. A la question que j’ai posée à un d’entre eux, à savoir s’il y avait des maux purement somatiques, j’ai reçu la réponse suivante : « oui, lorsque on tombe, et encore… »

-Le mal être au quotidien : angoisses ou peurs inexpliquées, dépressions, image négative de soi, phobies, difficulté de communiquer avec autrui, difficulté de réaliser ses désirs affectifs, professionnels ou sociaux, de s’intégrer dans la société et de comprendre ses règles, a fortiori, lorsque on est issu d’une culture différente de celle dans laquelle on vit.

-Les maladies graves : Selon certains courants de pensée, Il y a des maladies graves, comme le cancer, qui relèvent de l’articulation étroite entre le psychique, le système immunitaire et l’épigénétique. Elles expriment souvent des conflits non résolus, des injonctions parentales, des culpabilités, des identifications mortifères avec un parent mort d’une maladie, etc. D’autres récusent cette hypothèse, mais il y a un large consensus sur l’articulation du psychique avec le somatique.
Dans tous les cas, toute maladie opère un changement psychique et, inversement, celui-ci influe sur la santé. La psychanalyse peut permettre de faire face à ces changements et sortir l’individu des constructions imaginaires mortifères dans lesquelles il peut être enfermé. J’ai accompagné une patiente qui avait « décidé » de mourir au même âge que son père et du même cancer. La cure psychanalytique lui a permis de sortir de cette identification et, avec l’aide de la médecine classique, d’échapper à la mort.

Jumping, Ben Vollers & Fons Heijnsbroek (2006)