Une discipline ancrée dans la culture


La psychanalyse est donc issue d’une histoire et d’une culture particulières et des conceptions tout aussi particulières au sujet de l’individu, de la famille, de la société, de la règle et de la norme, du vivre ensemble, de la maladie, de la guérison et de la santé. C’est cette articulation étroite entre l’individuel et le culturel, c’est-à-dire le contexte social, qui nous permet de suggérer qu’elle constitue une discipline des sciences sociales.
Elle est née avec le libéralisme qui est une conception inédite de l’individu. Celui-ci est institué comme autonome, libre d’avoir des pensées et des actions propres, et de ce fait privé des protections traditionnelles assurées auparavant par le groupe. D’où l’apparition des pathologies nouvelles liées à la conquête de la liberté.

Les sociétés et leurs cultures ne sont pas immuables ni monolithiques. Elles changent dans le temps, même si elles le font dans la continuité avec le passé. Il va ainsi avec la culture européenne, et plus largement occidentale.
Non seulement, tous les pays occidentaux ne sont pas identiques, mais encore ils ont connu, au fil des siècles, de mutations importantes. Nos sociétés actuelles qualifiées de « post modernes » ou « hyper modernes » sont différentes de celles de l’époque de Freud.
Ces mutations amènent la psychanalyse, ou au moins devaient l’amener, à repenser ses théories et ses pratiques thérapeutiques.
On ne traite pas les problèmes liés à la sexualité aujourd’hui de la même manière qu’à l’époque de Freud.