L'écoute active du psychanalyste


Il y a un débat riche sur l’écoute du psychanalyste et le silence qu’il doit théoriquement garder. Mais comment on écoute et jusqu’où va le silence ?
Cornelius Castoriadis écrivait que les analystes qui sont muets sont aussi sourds. A mon avis le psychanalyste doit intervenir lorsqu’il s’agit de faciliter la parole de l’analysant, l’aider pour surmonter les inévitables résistances, interpréter ce que l’analysant ne voit pas nécessairement de prime abord.
L’interprétation ouvre à l’analysant des pistes de compréhension de soi inattendues, notamment lorsqu’il s’agit des rêves. Ces derniers dévoilent les désirs inconscients et les conflits qui remontent parfois aux premiers mois de la vie du nourrisson.

La cure psychanalytique n’est pas un long fleuve tranquille.
Elle a certes des effets cathartiques qui soulagent l’analysant, le font sentir plus léger, mais elle a aussi son lot de souffrances et de résistances. Cependant, les gratifications qu’elle procure sont inestimables. La découverte des choses du passé, l’éclairage de l’histoire de l’individu avec un regard nouveau, conduit ce dernier à une nouvelle perception de soi, libérée des entraves de l’inconscient. C’est la conquête de la liberté de penser et d’agir selon sa propre volonté.En d’autres termes, c’est la conquête de l’autonomie, suggère C. Castoriadis. Cette autonomie n’est pas solitaire. Elle amène, au contraire, l’individu à s’intégrer dans la société mais aussi à remettre activement  en question ce qui fait problème dans la société. En d’autres termes à devenir citoyen.